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Baisse du niveau général des jeunes: manque d'éducation ?
- Par sandrine-bauden
- Le 22/02/2026
« Les enfants d'aujourd'hui sont mal élevés, insolents, fainéants et sans ambition. Ils se fichent des autorités et n’apprennent plus leurs leçons. D'ailleurs, leur niveau de langage est déplorable et ils n'ont plus de connaissances ! » Voici les propos de quelques sexagénaires participant à des actions bénévoles de soutien scolaire auprès d'élèves de cycle 3 (9-11 ans), en milieu semi-rural, recueillis sur le terrain en 2021.
La génération en cours est toujours jugée la pire jamais connue par celle qui l'a précédée. Même Socrate se plaignait déjà de ses élèves. À quoi est dû ce constat ? Quels phénomènes donnent naissance à de tels propos ? Si l'on pense que la société évolue sans cesse, pourquoi alors les enfants qu'elle engendre sont-ils perçus comme de moins en moins adaptés, évolués, voire considérés comme décadents ? Pourquoi une telle involution ? C'est une question récurrente dans les milieux neuroscientifiques et pédagogiques. Est-ce un problème d'éducation, d'instruction ? Que se passe-t-il avec nos élèves français ? Quelles sont les failles du système scolaire que le premier confinement lié à la Covid-19 a révélées avec force ? Pourquoi constate-t-on un tel décrochage de la part des apprenants et un engouement record, depuis l'an passé, pour la voie de professionnalisation dès la 4ème, jamais enregistré auparavant ? De nombreux articles parus dans les revues spécialisées ces dernières décennies font état du niveau intellectuel des enfants en constante baisse, ainsi que du manque de savoir-être.
De quoi parle-t-on lorsque nous évoquons le niveau intellectuel d'une personne ? Que signifie savoir-être ? Il semblerait que depuis les années soixante, l'intelligence de nos jeunes diminue d'année en année. Avant les sixties, période bien connue pour ses libérations en tous genres, les capacités cognitives de la jeunesse étaient plus efficientes, selon les rapports de l'IREDU et de l'IGEN. En 1947, seuls 3 % d'une classe d'âge obtenaient le baccalauréat, contre 66 % en moyenne en 2020. Paradoxalement, on observe une baisse du niveau général. Certains rétorquent : parle-t-on du même diplôme ? Le baccalauréat des années 1950 n'est pas comparable à celui de 2022, ni en termes de contenu, ni d'attendus.
Les rapports PISA, émanant de l'OCDE, évaluent les performances éducatives mondiales. L'école française y est analysée, classée. Pourtant, ces données, si elles influencent la politique éducative (via la DEGESCO), sont loin de rendre compte des réalités du terrain. Ces études ne tiennent compte ni du contexte environnemental, ni de la condition psychologique de l'enfant. Or, l'intelligence réelle ne se limite pas aux connaissances. Daniel Kemp, pédagogue québécois, distingue l'« intellectuence » : capacité à s'ajuster à son environnement grâce à un savoir instantané, vivant. Alors, qu'est-ce que l'intelligence ? Est-elle mesurable ? Peut-on être intelligent et inapte à l'école, voire carrément mauvais élève ? Jamais ou presque il n'est fait mention de l'environnement socioculturel ou des influences extrinsèques véhiculées par notre société moderne. Pourtant, d'année en année, si l'on veut mesurer le niveau des élèves, il faut considérer le climat sociétal, les modes éducatives, la fracture sociale croissante, l'impact du numérique, des objets connectés, ou encore les perturbations électromagnétiques. Tous ces phénomènes fragilisent la structure vitale, mentale et émotionnelle des enfants. Ils influencent leurs capacités cognitives, leurs résultats, leurs comportements. Chaque année, les enseignants administrent des évaluations nationales et transmettent les résultats. Des données centralisées et analysées via des algorithmes selon des critères normés. Même si le système s'est assoupli, intégrant plus d'étayage, il n'intègre toujours pas l'état psychologique du jeune. Nos enfants seraient-ils victimes d'un trafic d'influence ? Attirés par les modes, ils absorbent tout ce qui les magnétise, comme une manière d'attendre l'autorisation de s'individuer.
Depuis les années soixante, de nombreuses influences exogènes, notamment venues d'Amérique du Nord, ont perturbé leur sphère attentionnelle : musique, fréquences, objets connectés. Les jeunes sont fascinés, saturés, empêchés de reposer leur esprit. Les smartphones, écrans, antennes 5G et autres sources de pollution technologique affectent leur équilibre. L'enfant moderne vit en tension permanente, hyperconnecté, brouillé à la source. L'égo humain choisit la facilité. Mais cette facilité, dopée par la technologie, affaiblit notre capacité à nous incarner. Les jeunes sont pris dans une matrice qui les aspire. Leur conscience est maintenue endormie par des gadgets et des phénomènes viraux orchestrés. Aucune préparation à l'école pour résister à ces influences. Pourtant, il est urgent d'enseigner le fonctionnement de leur sphère mentale, leur métacognition, leur écologie personnelle. La suite du texte poursuivra cette analyse de la société numérique et de ses impacts sur la jeunesse et l'école. Souhaitez-vous que je continue l'intégration dans le document ?
Depuis ces deux dernières années, on constate chez les collégiens une désaffection marquée pour les modalités d’enseignement. Certains décrochent, d’autres sont totalement déscolarisés, tant ils souffrent dans un système scolaire qui ne répond plus à leur besoin vital d’"êtreté". Ce système, qui se veut "co-éducateur", ne devrait-il pas s’adapter à eux en rehaussant d’abord le niveau de connaissance de soi ? Permettre à chaque élève de faire l’étude de sa propre personne, d’identifier ses potentiels, pour ensuite réussir et contribuer à une école rénovée, fondée sur l’individu et non sur le modèle ?
Mais est-ce vraiment ce que chacun souhaite ? Car cela suppose un changement de paradigme. Il est pourtant possible, dès aujourd’hui, d’élever le niveau en rééduquant les jeunes à la compréhension de leur sphère mentale, de leur fonctionnement psycho-émotionnel et de leur biologie. Il s’agit d’éveiller une pédagogie de l’être. Mieux connaître sa mécanique intérieure, sa structure neurobiologique, rencontrer son essence profonde dans toutes ses dimensions — cognitive, émotionnelle, intuitive — permettrait aux jeunes de traverser ce nuage toxique et aveuglant formé par les parasites de la société moderne. Ces mêmes parasites issus de technologies initialement conçues pour servir l’humain mais qui, aujourd’hui, tendent à l’asservir. Nous en sommes là. Oui, beaucoup d’enfants vont mal, comme le constatent de nombreux anciens. Mais ils ne vont pas mal sans raison : ils sont à l’image de la société qui les a engendrés. Heureusement, rien n’est figé. Les enfants sont en constante évolution. Ce sont eux qui, demain, corrigeront les dérives de leur mère patrie. Ce sont eux qui inverseront le cours des événements et qui, le temps venu, rebâtiront une société nouvelle sur des bases plus saines. Faisons-leur confiance. Ils sont l’avenir.
Pour en finir avec le "chagrin d’école", La Pédagogie Bio-Logique© propose des programmes concrets aux éducateurs éclairés. Ces dispositifs accompagnent les jeunes en transition éducative, précisément là où le déclin cognitif commence à se manifester. Cette pédagogie vise à éduquer — au sens noble du terme : transmettre les clés durables de déploiement de l’être, dans le respect de son écologie intérieure, au sein d’un écosystème encore fragile. Car révéler son potentiel, c’est aussi relever la tête. C’est accepter le défi de dépasser ses difficultés pour évoluer — individuellement, puis collectivement. Révéler son potentiel, c’est contribuer à l’évolution d’une civilisation tout entière.
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La frontière floue entre l’adulte et le jeune : vers une autorité en mutation
- Par sandrine-bauden
- Le 22/02/2026
La différence autrefois très marquée entre l’adulte et le jeune ne serait-elle pas en train de s’atténuer sur le plan psychologique ?
Voici une question qui commence à faire sens ces derniers temps. S’interroger sur la place laissée à chacun pour exercer sa propre autorité dans le monde — ou sur la manière dont il revient à chacun de la prendre pour s’individualiser réellement dans le but de devenir cet être libre et pacifique auquel nous aspirons tous — est devenu un véritable enjeu par les temps qui courent.
Beaucoup d’adultes éprouvent le sentiment profond de ne pas être dans leur véritable autorité, ce qui n’est pas sans rappeler le mal-être parfois très prononcé que ressentent les jeunes "en crise", dont on reconnaît les prémices dès l’âge de sept ans, et qui s’installe plus souvent vers l’âge de treize ans. Ces adultes ont le sentiment que la société les infantilise, par exemple lorsqu’elle leur demande de se soumettre à la volonté de ses gouvernants et de faire confiance à l’aveugle. Avec l’épidémie de Covid-19 et la gestion de la crise sanitaire dans de nombreux pays industrialisés, les citoyens adultes ont pu expérimenter une forme d’autorité qu’on peut qualifier d’abusive. L’exercice plein de cette autorité, appliquant des mesures coercitives pour le bien du peuple, montre que le statut du citoyen adulte n’est guère plus enviable que celui de l’enfant, qui doit encore très souvent obéir sans rien avoir à redire. L’adulte ne semble finalement pas autorisé à disposer de lui-même en tant qu’être déclaré pourtant responsable par la société, sa "mère patrie". On l’incite à appliquer un florilège de mesures contraignantes, réduisant son champ décisionnel, lesquelles sont parfois discutables pour sa santé, et ce, au nom du bien communautaire. Il est certain qu’un virus sévit, mais il semblerait que la propagation de la peur à grande échelle, projetée sur tous les écrans, soit également un véritable fléau.
Ces derniers temps, nombreux sont ceux qui se sont interrogés sur le maintien prolongé des mesures contraignant la libre circulation des citoyens dans notre pays. Certains journalistes politiques ont même observé des réminiscences du droit divin parmi les représentants du pouvoir, dans ce qui fut autrefois une royauté. Étienne de La Boétie, écrivain humaniste, résumait parfaitement la mécanique du pouvoir pyramidal de l’ancienne monarchie dans Discours de la servitude volontaire, au beau milieu du XVIe siècle, alors qu’il n’avait que dix-huit ans. Jeune aristocrate choqué par les guerres de religion et le pouvoir exercé sur un peuple opprimé, il comprend très vite que la tradition monarchique s’apparente à une domination du peuple.
Au XXIe siècle, les choses ont bien changé. Les citoyens des pays développés, comme le nôtre, devenu république démocratique, ne subissent plus un pouvoir totalitaire qui les domine. Pourtant, à y regarder de plus près, on est en droit de se demander : qu’est-ce qui différencie la domination de la servitude volontaire ? Depuis des siècles, les peuples se sont émancipés — en apparence du moins. La gouvernance semble avoir affiné les mécanismes d’assujettissement des populations. Peu importe que le monarque soit bon ou mauvais, tant que le système social dans lequel il évolue aliène les individus et compromet leur égalité.
Des épisodes marqués par de profondes prises de conscience ont jalonné l’histoire, menant parfois à des actes de désobéissance civile. Le plus célèbre d’entre eux reste sans doute la Révolution de 1789. La révolution ? N’entend-on pas encore résonner sa voix dans nos oreilles depuis un passé finalement pas si lointain ? L’annonce de la levée des restrictions sanitaires a calmé l’échauffement d’une foule exténuée. Pourtant, ce répit sera de courte durée, car une autre guerre, d’un autre genre, a éclaté entre grandes puissances mondialistes, tandis que dans les coulisses du Parlement européen, on prépare en secret de nouvelles doses pour une probable vaccination obligatoire.
Aujourd’hui, nous connaissons la notion de "fabrique du consentement", expression empruntée à Walter Lippmann, tirée de son ouvrage Public Opinion, publié dans les années 1920. Il y explique que l’opinion publique en démocratie doit être rigoureusement encadrée. Chomsky et Herman, qui ont prolongé cette réflexion, ont identifié cinq filtres par lesquels s’exerce la propagande des médias de masse : poids des sources officielles, idéologie dominante, etc. Cette propagande se répandrait aujourd’hui à travers une ingénierie sociale au profit d’un ordre établi, au service d’intérêts non révélés. Les méthodes sont certes plus sophistiquées qu’au XVIe siècle, mais leurs effets sur les populations demeurent similaires, voire à peine plus subtils. Les dirigeants modernes tentent aussi de légitimer leur pouvoir en s’appuyant sur un système idéologique pyramidal. À l’aide de chiffres parfois approximatifs et de récits fabriqués, ils renforcent la croyance d’une nation fragilisée par son contexte. Autrefois, on distribuait du pain au peuple pour le calmer, surtout en temps de crise. Aujourd’hui, on lui offre du divertissement et des primes pour stimuler l’adhésion. Voilà comment l’histoire semble se répéter, prise dans une boucle temporelle.
Pourquoi est-il si difficile de demeurer centré sur soi, à l’écart du tumulte sociétal ? Pourquoi est-ce si ardu d’écouter cette voix intérieure qui nous invite à rester nous-mêmes lorsque tout s’écroule autour de nous ? Peut-être simplement parce que nous ne l’avons pas appris enfants. La peur de mourir, de manquer, de perdre un proche, ou d’être privé de liberté, sont autant de cordes sensibles activées par des protocoles sanitaires lourds, une médiatisation extrême, et d’autres mesures qui créent une dissonance générale. Une cacophonie qui entraîne chacun dans un chaos où la perte de sens atteint son paroxysme. Rêver d’une isocratie, où chacun exercerait le pouvoir à égalité, semble une utopie humaniste dans la société actuelle. Pourtant, la vraie question demeure celle du statut de l’être. Que signifie être libre aujourd’hui ? Et qui l’est vraiment ? L’enfant ? L’adulte ?
Il semble que les individus, même dans les sociétés dites les plus développées, aient acquis un statut quasi-unique, particulièrement depuis ces deux dernières années. À tout âge, ils sont mobilisés, plus ou moins volontairement, pour les besoins d’une cause ni vraiment humanitaire, ni véritablement humaniste. Enfants ou adultes, tous subissent le même traitement. Personne n’est épargné, ni par le virus, ni par des mesures parfois radicales. Il y a peu de recours possibles pour faire entendre sa voix — encore moins pour les enfants — lorsqu’il s’agit de se soigner selon ses propres convictions. Même les médecins, comme le docteur Louis Fouché ou le professeur Didier Raoult, ont été empêchés de prescrire certains traitements pourtant reconnus comme efficaces. Se taire, patienter, renoncer à une liberté déjà relative, ou basculer dans l’opposition, sont les choix offerts. Le divertissement, terrain de jeu traditionnellement réservé aux enfants, devient une monnaie d’échange pour les adultes. Mais où est passée l’autorité de ces derniers, si la parole leur est confisquée ou dirigée ?
La majorité des populations acquiesce aux demandes des États "pères", tandis que d’autres manifestent leur opposition de manière éloquente. Petits et grands répondent aux injonctions sanitaires par respect ou par crainte. Ces injonctions, parfois absurdes, peuvent avoir des conséquences dommageables sur la santé. Le rapport de l’ANSM (du 14 au 27 janvier 2022) évoque près de 55 000 effets indésirables liés aux trois principaux vaccins anti-Covid, dont des AVC, embolies pulmonaires et infarctus. La stratégie du "tout vaccinal" apparaît discutable.
Le docteur Philippe Bobola, physicien, biologiste, anthropologue et psychanalyste, a récemment livré ses conclusions sur les conséquences psychologiques de la crise sanitaire. Il décrit comment une gouvernance au récit bien rodé peut déresponsabiliser un peuple sans même qu’il s’en aperçoive. L’"autoritarisme bienveillant" peut rendre docile même le plus rebelle des hommes, surtout si la peur de perdre sa liberté est forte. Se voir interdire les sorties, les loisirs, les réunions entre amis sans autorisation… Voilà qui rappelle l’"enfant puni".
Certains se soumettent, d’autres se révoltent. Pourquoi tant de conformisme ? Qui peut nous contraindre malgré le manque de motivation intérieure ? Une fois encore, on observe peu de différence entre la gestion émotionnelle du jeune et celle de l’adulte, face à une figure d’autorité. Cette similitude comportementale nous ramène à cet "enfant intérieur" niché en chacun de nous. Et si la crise d’adolescence s’étendait à toute une vie ? L’enfant a longtemps été relégué au second plan dans notre civilisation. Cela pouvait sembler nécessaire à son développement, car il a besoin des plus grands pour grandir. Mais les temps changent. L’attente d’autonomie est parfois insupportable pour les jeunes. Combien d’adultes disent avoir eu hâte de quitter le foyer parental pour enfin être libres ? Ces mêmes adultes reconnaissent aussi que l’enfant ou l’adolescent qu’ils furent est toujours présent en eux, souvent blessé, muselé, enfoui. Ainsi, au cœur de l’adulte vit un enfant en vigilance, en réaction à la peur transmise en héritage. Carl Gustav Jung écrivait dans L’âme et la vie :
« Il y a dans l’adulte un enfant, un enfant éternel, toujours en devenir, jamais achevé, qui aurait besoin constamment de soins, d’attention et d’éducation. »
Tous les parents, eux-mêmes enfants de leurs parents, savent de quoi il s’agit. Il est encore tacitement admis que le plus jeune doit obéir au plus âgé, même lorsque cela devrait être remis en question. C’est un ordre hiérarchique transmis de génération en génération. Une forme d’omerta presque indissoluble. « C’est comme ça ! » est la formule qui illustre ce qui ne se discute pas, malgré les conflits générationnels. Ce pouvoir d’un être sur un autre, s’il n’est pas toujours de l’esclavagisme ou de l’abus, reste une forme de domination. L’enfant peut encore être vendu dans certains endroits du globe, ou abusé dans des environnements proches. Cela pose la question : s’agit-il d’autorité ou d’abus de pouvoir ? Quand un adulte est-il dans son autorité ? Quelle est la différence entre exercer une autorité et être dans son autorité ? Les termes enfant et adulte désignent deux étapes de l’évolution de l’être dans la société. La principale différence entre les deux est souvent réduite à une question d’âge. Mais cela semble bien insuffisant. Dans certaines cultures, l’âge adulte est conféré à la puberté, parfois à l’issue d’un rite de passage. Voilà qui invite à réfléchir sur le statut de nos jeunes dans les sociétés modernes : malgré leurs nombreuses tentatives d’individualisation, ils semblent condamnés à traverser bon an mal an ce que l’on appelle encore l’âge bête. Comme hébétés devant l’autorité, ils doivent patienter avant d’être autorisés à exercer la leur. Mais exercer une autorité est bien différent d’être dans son autorité.
Ce que ces jeunes, de toutes cultures, souhaitent, c’est s’affranchir pour devenir leur propre autorité. Là réside la distorsion : les enfants aspirent à devenir des individus libres et respectueux, alors que les adultes, souvent même bienveillants, confondent autorité avec pouvoir exercé sur l’autre. Pourtant, celui qui est véritablement dans son autorité n’a ni intérêt, ni besoin d’imposer quoi que ce soit. Contrairement à l’enfant, l’adulte est censé être un citoyen autonome, responsable, libre de ses choix. Il peut être responsable d’un enfant, vivre seul, et n’est plus sous l’autorité parentale. Cependant, la frontière entre les deux états devient floue, surtout avec le départ progressif des jeunes du foyer familial. L’autonomie de pensée serait, selon certains experts, la vraie distinction. Mais encore faut-il s’interroger sur ce qu’est une pensée autonome, à l’heure de la pensée unique véhiculée par les médias. Certes, les différences existent : maturité physique, responsabilité légale, droit de vote, etc. Mais passé un certain âge (douze ans, par exemple), il devient difficile de nier que les jeunes possèdent déjà des capacités de discernement remarquables. Françoise Dolto observait que :
« L’adolescent devient adulte quand les angoisses de ses parents n’engendrent plus chez lui d’effets inhibiteurs, c’est-à-dire lorsqu’il peut agir librement sans se demander tout le temps si cela ne va pas faire de peine à ses parents. »
Les jeunes perçoivent très tôt les peurs des adultes et les absorbent, faute de pouvoir s’en protéger. Cette charge émotionnelle, ils la refoulent souvent par insouciance de survie. Nombre d’adultes continuent d’agir sous l’effet de ces peurs, longtemps après l’adolescence. À force de faire de la politique avec soi-même, dès le plus jeune âge, nous nous enfonçons dans des personnalités de survie, au détriment de notre être essentiel. Pourtant, c’est bien cet enfant en nous — libre, authentique, non formaté — qui est notre personne véritable. Le terme infans, du latin "qui ne parle pas", rappelle que l’enfant n’est pas entendu, même lorsqu’il a acquis le langage. On lui donne rarement la parole au sens propre : celle qui compte, qui a du poids. La liberté d’expression reste orientée, formatée, soumise au consensus. Et si, dès l’enfance, il nous était permis d’être pleinement nous-mêmes, de maturer sans renier qui nous sommes ? Une forme de censure douce traverse même les sociétés les plus modernes. L’adulte ne parle pas toujours librement, car il n’a pas appris à se connaître en profondeur. Il ne s’exprime pas sans filtre parce qu’il n’a pas exploré qui il est véritablement. Certains médias alternatifs en font l’expérience aujourd’hui. Avoir la parole ne suffit pas : il faut pouvoir parler en son nom propre, avec intégrité. En ces temps troublés, adultes et adolescents voient leurs peurs remonter : celle du virus, de la perte de liberté, de la guerre, de la mort. Plus aucun critère ne permet de distinguer, dans l’instant critique, un apprenti menuisier de 14 ans d’un menuisier adulte, tant leurs angoisses existentielles se rejoignent. Voilà quelques éléments qui rapprochent aujourd’hui, sur un même plan, jeunes et adultes. L’enfant grandit, mais on le déforme parfois au lieu de l’aider à devenir lui-même. Il lui faudra alors du temps, du courage, de la volonté pour se reconnecter à sa personne. Adultus, en latin, signifie "qui a grandi". Mais a-t-on grandi en conscience ? Et qui peut dire qu’il a fini de grandir ? Adolescere, quant à lui, signifie "qui est en train de grandir". L’adolescent est donc celui dont l’élévation est en cours. Ne vaudrait-il pas mieux parler d’adulescents ? Des adultes en croissance continue, des êtres en expansion, qui intègrent pleinement leur autorité intérieure ? Adolescent ou adulte ? Dans nos sociétés modernes, la distinction entre ces deux statuts n’est plus si évidente. La seule liberté réelle est celle de notre intériorité. Le processus d’individualisation des jeunes est aujourd’hui crucial : bien accompagnés, ils deviendront des adultes autonomes. Ceux qui entendent l’appel de leur "ado intérieur", qui profitent des perturbations extérieures pour se libérer de leur personnalité sociale et incarner leur personne authentique, trouveront paix, sécurité et stabilité.Ainsi, adolescents et adultes sont tous deux en quête de leur identité. Ils cherchent à se dévoiler, à se révéler, car ils savent, au fond, qu’il n’est jamais trop tard pour être soi… et que le plus tôt est le mieux.
Il existe des pédagogies du vivant qui peuvent soutenir ce travail intérieur, dès lors que l’on accepte de tourner les capteurs vers soi. Les adolescents devraient pouvoir y accéder dès qu’ils ressentent ce désir profond, viscéral, de savoir qui ils sont. C’est précisément ce que propose La Pédagogie Bio-Logique©. Cette approche offre un cadre respectueux de l’individu, permettant de reconnecter chacun à sa nature propre, sans distorsion, sans jugement. Elle reconnaît l’intelligence émotionnelle, corporelle, intuitive et spirituelle comme fondamentales à la construction de soi. Elle invite à l’écoute de l’élan vital et au développement d’une autorité intérieure solide, autonome, consciente. Les décennies à venir verront probablement ces étapes de vie — adolescence et âge adulte — se fusionner progressivement, dans un processus d’évolution continue. Un temps viendra où l’adulte sera un jeune affranchi de ses peurs, en perpétuelle transformation, se libérant des formes imposées pour cheminer vers la conscience de sa pleine autorité. Il construira alors une société à son image : libre, consciente, respectueuse de chacun, et où l’autorité ne sera plus synonyme de pouvoir exercé sur autrui, mais d’autorisation d’être, au service du vivant.